Supplémentau voyage de Bougainville - Denis Diderot (Fiche de lecture) - Analyse complète de l'oeuvre par Sophie Lecomte aux éditions FichesDeLecture.com. Cette fiche de lecture sur le
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Il commence comme avocat à Paris, puis entreprend une carrière militaire et devient capitaine de dragons. Il se démarque très tôt par ses talents de mathématicien. Sa carrière de militaire l’amène à beaucoup voyager et lui donne goût à la découverte de nouveaux pays. Il fait le tour du monde en 1766 et c’est alors qu’il découvre Tahiti. La découverte Il découvre cette île le 6 avril 1768, une île totalement différente de la France. Il est subjugué par la beauté des paysages tahitiens et par le climat. Il baptise cette terre Nouvelle Cythère » en reprenant le nom de l’île grecque en hommage à Aphrodite qui est la déesse de l’Amour. Il parle des Tahitiens comme de gens accueillants et chaleureux mais cette image cache le fait que la hiérarchie y est très présente il y a des esclaves, les femmes n’ont aucun pouvoir, le chef a droit de vie et de mort sur le peuple. Il est aussi surpris par les guerres constantes entre les différentes îles. Après cette importante découverte, le navigateur connaît un grand succès avec le récit de son voyage intitulé Voyage autour du monde» publié en 1771. Ce récit sera repris par Diderot dans le Supplément au voyage de Bougainville », qui connaîtra également un immense succès. Analyse du texte • Bougainville montre la hiérarchie qui existe chez les Tahitiens. Il nous dit que les hommes ne mangent pas avec les femmes car elles sont leurs servantes. Les femmes portent le deuil des maris mais cela n’est pas réciproque. Les marques de deuil sont une coiffure de plumes dont la couleur est consacrée à la mort, comme le noir, elles portent aussi un voile qui couvre le visage. • Il montre aussi qu’il est difficile de donner un point de vue sur la religion des Tahitiens qui sacrifient des êtres humains à leurs dieux. Avant de les sacrifier, ils les conservent longuement sur une espèce d’échafaud que couvre un hangar. A Tahiti, les prêtres ont la plus redoutable autorité. • Dans l’île elle-même règne la paix mais entre les îles voisines, il y a constamment des guerres. Les Tahitiens se servent de grandes pirogues pour les descentes et pour les combats de mer. Pour tuer leurs ennemis, ils utilisent des armes telles que les arcs, les frondes et des piques de bois très dur. La guerre, entre eux, est très cruelle. Quand un peuple est vainqueur, il tue tous les hommes et viole les femmes et les filles des perdants. Denis Diderot s’est fortement inspiré du texte de Bougainville pour écrire Le Supplément au Voyage de Bougainville » mais il a apporté d’importantes modifications en faisant de l’île une utopie. Sources Wikipedia l’ Biographie de Diderot Denis Diderot naît à Langres en 1713 dans un milieu bourgeois. Il étudie la philosophie, la théologie et le droit. Puis il se découvre une nouvelle passion, le théâtre et crée un genre nouveau, le drame bourgeois, qui se situe entre comédie et tragédie et présente une peinture réaliste de la société de son temps. En 1741, il tombe amoureux d’Anne Toinette Champion et veut l’épouser mais son père refuse et fait enfermer son fils chez des moines. Denis Diderot arrive à s’échapper. Il revient à Paris et épouse secrètement Anne Toinette le 6 novembre 1743. En 1745, il débute son activité philosophique et se consacre à la constitution de l’Encyclopédie, qui comportera 35 volumes réalisés entre 1751 et 1772. L’Encyclopédie vise à rendre compte du progrès humain dans tous les domaines, une place majeure étant accordée aux techniques. Diderot a 150 collaborateurs comme par exemple Montesquieu, Rousseau, Voltaire et de nombreux spécialistes, médecins et ingénieurs entre autres. Précédée du Discours préliminaire » de d’Alembert, l’Encyclopédie impose l’idée du progrès économique. En 1772 Diderot publie une œuvre importante dont le titre est Supplément au Voyage de Bougainville». Il y développe une morale sociale qui rejoint le mythe du bon sauvage et analyse l’idée de nature. Il meurt le 31 juillet 1784 à l’âge de 70 ans. Quelques mois après sa mort, sa bibliothèque et ses manuscrits sont achetés par Catherine II de Russie et transportés à Saint-Pétersbourg. Sources Itinéraires Littéraires – XVIIIe siècle livre Hustache Margaux 2e 9 Diderot Supplément au voyage de Bougainville. Le texte de Diderot nous offre une toute autre image du voyage de Bougainville. Il se présente sous forme d’un dialogue entre A et B, personnages imaginaires de Diderot qui se disputent en débattant sur leur façon de vivre. Diderot décrit un monde merveilleux où règnent la liberté et l’égalité. Un véritable monde utopique. Les Otaïtiens se contentent de ce que la nature leur offre, ils vivent heureux avec le peu qu’ils trouvent. Nous découvrons ensuite un vieil homme qui vante sa façon de vivre. Il nous décrit un mode de vie différent du nôtre il vit sans guerre et il est choqué de ce que les Européens font dans leurs pays. Il est contre la colonisation de son pays, il ne veut pas adopter les mœurs des Européens que leurs besoins factices » et leur soif de pouvoir condamnent à une vie tourmentée » et finalement malheureuse. Dans ce récit, Diderot, très en avance sur son temps, critique ce que nous appellerions aujourd’hui la société de consommation » mais sa présentation de Tahiti s’éloigne fortement de la description qu’en avait faite Bougainville. L’arrivée de Bougainville chez les Tahitiens. Cette illustration extraite de l’ouvrage de Bougainville montre l’accueil réservé aux Européens. DécryptezSupplément au Voyage de Bougainville de Denis Diderot avec l¿analyse du Que faut-il retenir du Supplément au Voyage de Bougainville, le conte philosophique qui a plongé les lecteurs au coeur de Tahiti ?Retrouvez tout ce que vous devez savoir sur cette ¿uvre dans une fiche de lecture complète et détaillée. PhilosophieModifier Tome I Principes de la Philosophie morale ou Essai sur le Mérite et la Vertu, traduit de l'anglais Pensées philosophiquesAddition aux Pensées philosophiquesLa Promenade du Sceptique ou les Allées De la suffisance de la religion naturelle Lettre sur les Aveugles, à l’usage de ceux qui voientAddition à la Lettre sur les AveuglesLettre sur les Sourds et Muets, à l’usage de ceux qui entendent et qui voientAdditions pour servir d’éclaircissement à quelques endroits de la Lettre sur les Sourds et MuetsSuite de l’Apologie de M. l’Abbé de Prades Lettre à mon FrèreTome II Pensées sur l’interprétation de la nature Principes philosophiques sur la matière et le mouvement Introduction aux grands principes, ou Réception d’un philosophe Entretien entre d’Alembert et Diderot. — Le Rêve de d’Alembert. — Suite de l’Entretien Supplément au voyage de Bougainville, ou Dialogue entre A et B Sur les femmes Réfutation suivie de l’ouvrage d’Helvétius intitulé l’Homme Principes de politique des souverains Entretien d’un philosophe avec la maréchale de ***Tome III Essai sur les règnes de Claude et de Néron Plan d’une Université pour le gouvernement de RussieTome IV Miscellanea philosophiques Belles-lettresModifier Tome IV Les Bijoux indiscrets L’Oiseau blanc, conte bleu Qu’en pensez-vous ? conte La marquise de Claye et Saint-Alban, dialogue Cinqmars et Derville, dialogue Mon père et moi, dialogue Le Gulistan, ou le Rosier du poëte SadiTome V La Religieuse Éloge de Richardson Réflexions sur Térence Observations sur les Saisons, poëme de Saint-Lambert Les Deux Amis de Bourbonne Entretien d’un père avec ses enfants Ceci n’est pas un conte Sur l’Inconséquence du jugement public de nos actions particulières Le Neveu de Rameau Analyse de Carite et Polydore Anecdote de PétersbourgTome VI Jacques le Fataliste et son maître Lettre à M. l’abbé Galiani sur la sixième ode du troisième livre d’Horace Satire I, sur les caractères et les mots de caractères, de profession, etc Miscellanea littérairesTome VII Le Fils naturel, ou les épreuves de la vertu. — Entretiens sur Le Fils naturel. Dorval et moi Le Père de famille De la poésie dramatique. — Lettre de Mme Riccoboni. — Réponse à la lettre de Mme Riccoboni. Le Joueur, drame imité de l'anglaisTome IX Poésies diversesModifier Le Code Denis Complainte en rondeau de Denis, roi de la fève, sur les embarras de la royauté Vers après avoir été deux fois roi de la fève inédit Les Éleuthéromanes, ou abdication d’un roi de la fève. — Argument Les Éleuthéromanes, ou les Furieux de la libertéBeaux-ArtsModifier Tome X Recherches philosophiques sur l’origine et la nature du beau L’Histoire et le secret de la peinture en cire Salons Salon de 1759, Salon de 1761, Salon de 1763, Salon de 1765 Essai sur la peintureCorrespondanceModifier Tome XVIII Lettre adressée à un magistrat sur le commerce de la librairie Lettres à Falconet Lettres à Sophie Volland - ITome XIX Lettres à Sophie Volland - II Lettres à l’Abbé Le Monnier Lettres à Mademoiselle Jodin Correspondance générale - ITome XX Correspondance générale - IIAppendices
Supplémentau Voyage de Bougainville: suivi d'un parcours sur le thème de la nature humaine . Denis Diderot. 4,6 sur 5 étoiles 182. Poche. 42 offres à partir de 0,50 € L'étranger. Albert Camus. 4,6 sur 5 étoiles 4 239. Poche. 77 offres à partir de 1,18 € Cannibale. Didier Daeninckx. 4,5 sur 5 étoiles 1 492. Poche. 183 offres à partir de 0,60 € Le Parti pris des choses. Francis
Denis Diderot Supplément au voyage de Bougainville notice préliminaire Garnier, 1875-77pp. 195-198. Bougainville Louis-Antoine, mathématicien, militaire et marin, accomplit, de 1766 à 1769, le premier voyage autour du monde exécuté par un Français. La relation de ce voyage parut en 1771. Elle eut un grand retentissement et elle devait, tout naturellement, éveiller l’attention de Diderot. Il en fit un premier examen qu’il destinait très-probablement à laCorrespondancede Grimm, mais qui ne figure pas dans ce qui en a été publié. Grimm avait en 1766 15 décembre assez vivement attaqué M. de Bougainville, à qui il reprochait de ne pas ajouter foi aux proportions colossales des Patagons ; peut-être ne voulut-il pas paraître se déjuger en louant un homme qu’il avait accusé de corriger parfois ses opinions d’après ses intérêts. Cette première note de Diderot, dans laquelle on voit déjà le germe duSupplément au Voyage de Bougainville, se trouvait dans les manuscrits inédits de l’Ermitage, et nous avons cru devoir la donner ici comme la préface obligée de ceSupplément. Les quelques répétitions qui se présenteront dans les premières pages seront même utiles pour faire bien sentir les procédés de travail employés par Diderot et prouver qu’il improvisait moins qu’on ne l’a dit. Cette rédaction primitive est de la fin de 1771, ainsi que le prouvera la note page 206. Quant auSupplément, il fut composé quelque temps après, mais il resta également inédit. Diderot, dans la dernière période de sa vie, répugnant à toute idée de publicité, écrivait pour lui seul et pour ses amis ; il laissait alors aller sa plume sans aucune précaution, prêtait ses manuscrits, dont qui voulait prenait lle copie, puis semblait les oublier. Celui-ci tomba entre les mains d’un homme qui était de la société de D’Alembert et de Mde l’Espinasse et qui ne le laissa pas perdre. Cet homme soigneux était l’abbé Bourlet de Vauxcelles. Naigeon en fait un portrait peu flatté, non parce que l’abbé avait publié avant lui cet ouvrage de Diderot, mais parce qu’il avait accompagné cette publication d’une diatribe contre l’auteur, qu’il accusait d’avoir, par cette joyeuseté de philosophe, été le véritable instituteur de lasans-culotterie, dont le nom, digne de la chose, n’a été connu qu’après elle ; » et d’avoir appris aux Chaumette et aux Hébert à déclamer contre les trois maîtres du genre humain le grand ouvrier, les magistrats et les prêtres. » Cette sainte colère avait attendu pour s’exprimer la fin de la période révolutionnaire. Le recueil intituléOpuscules philosophiques et littéraires, qui contient leSupplément au Voyage de Bougainvillele etDialogue avec la Maréchale, est de 1796 Paris. On se demande comment l’abbé avait pu conserver si longtemps dans son portefeuille une pièce à tel point dangereuse, qu’elle avait, même inédite, inspiré les Chaumette et les Hébert ! Était-ce par l’effet d’un avertissement d’en haut ? L’aurait-il communiquée au public si les agitations politiques ne lui avaient pas paru donner à son recueil un certain à-propos… commercial ? N’y a-t-il là qu’une de ces inadvertances dont l’abbé de Vauxcelles était coutumier ? Il est difficile de percer ce mystère. Nous parlons d’inadvertance. C’était en effet l’un des défauts de ce prêtre, qui fut un assez pauvre écrivain et un prédicateur plus médiocre encore. Naigeon, piqué au vif par son procédé à l’égard d’un homme qui l’avait reçu familièrement, rapporte, mais non pour lle l’excuser, comme nous l’essayons bénévolement, qu’un jour, voulant demander à D’Alembert et à Diderot, en présence de Mde l’Espinasse, leur opinion sur un sermon qu’il devait prononcer le dimanche suivant, l’abbé de Vauxcelles se laissa tellement emporter par l’enthousiasme qu’il oublia de sauter un passage dans lequel il attaquait très-vivement les doctrines et la personne de ses hôtes. Ceux-ci, quelque peu étonnés d’être les confidents de cette critique assez dure, lui représentèrent que, dans les termes où il se trouvait avec eux, il serait au moins convenable qu’il adoucît un peu ses expressions. L’abbé avoua en effet qu’il était allé trop loin et promit, non point d’adoucir, mais de supprimer tout à fait ce passage, dont il n’avait pas d’abord mesuré la portée. Il partit sur cette assurance et le dimanche d’après il prononça son sermon. Malheureusement, par une nouvelle inadvertance, il se trouva que le fameux passage en fut la partie la plus développée et la plus vigoureuse. lle On ne reçut plus l’abbé de Vauxcelles chez Mde l’Espinasse. Il n’avait pas pensé qu’on se défierait de ses promesses et qu’on irait écouter son sermon. Il y a dans ce dialogue, à côté des négligences de style habituelles à Diderot, quelques passages vraiment remarquables. Meister citait le discours du vieillard comme un des plus beaux morceaux d’éloquence sauvage qui existent en aucune langue. » Quant aux idées, elles sont discutables. Il y en a quelques-unes qui se rapprochent de celles que l’auteur avait sans doute soufflées à Rousseau lorsque celui-ci écrivit sonDiscours pourl’Académie de Dijon. Il les a reprises, mais à son point de vue spécial, qui est toujours dirigé plutôt vers les questions morales que vers celles de la politique. Il ne touche à ce monstre vers la fin que fort légèrement et avec cette réserve qu’il faut corriger les idées avant de toucher aux institutions. L’enthousiasme qu’il manifeste pour les coutumes de Taïti était en partie justifié par la peinture que Bougainville avait faite de cette Nouvelle Cythèrecomme il l’appela d’abord. Peut-être même Diderot avait-il eu d’autres témoignages plus directs. Il y avait parmi les explorateurs, comme passager, un prince de Nassau qu’il a pu connaître et entendre il avait dédiéle Père de famillela à princesse de Nassau-Saarbrück. Il existe en outre un manuscrit, conservé actuellement à la bibliothèque du Muséum de Paris, et dont l’auteur était un volontaire qui avait pris part à l’expédition. Ce manuscrit, en trois cahiers, est intitulé Journal de navigationpour servir à moi, Charles-Félix-Pierre Fesche, volontaire sur la frégate du roila Boudeuse, commandée par M. le chevalier de Bougainville, capitaine de vaisseau, armée en partie à Nantes, en partie à Brest, dans l’année 1766, ladite frégate montant vingt-six pièces de canon de douze et deux cent vingt hommes d’équipage, destinée à faire le tour du monde ; commencé le 4 octobre 1766. » Le volontaire Fesche, qui n’écrit pas en philosophe, mais en voyageur sans prétention, tombe, comme Diderot, dans l’admiration en présence des mœurs des Taïtiens, et cette admiration le pousse à faire des réflexions fort analogues, pour le fond, à celles que nous lirons tout à l’heure. Il ne nous paraîtrait pas déplacé d’en donner ici quelques échantillons si l’effervescence sensuelle à la vue de la première femme qui aborda la frégate et fut présentée aux voyageurs par les vieillards qui l’accompagnaient n’y était exprimée un peu trop naïvement. Il nous suffira de citer cette phrase Mais la décence, le monstre qui combat si souvent les volontés des hommes, vient s’opposer à nos désirs véhéments et nous fait invoquer vainement le dieu qui préside au plaisir, afin qu’il nous rende invisible un instant ou qu’il fascine seulement les yeux des assistants. » La pudeur y est qualifiée de blâmable » avec ce léger correctif sans doute. » C’est la corruption de nos mœurs » qui nous fait trouver trop libres celles de Taïti. C’est cette même corruption qui ne nous permet pas d’accomplir comme les indigènes les rites de leurs cérémonies nuptiales et qui nous fait trouver du mal dans une action dans laquelle ces gens, avec raison, ne trouvent que du bien. » Le tout se termine par cette réflexion Il n’y a que celui qui fait ou qui croit faire mal qui craigne la lumière. » Nous avons cité cette façon de voir d’un témoin oculaire dans la seule intention de montrer combien Diderot est excusable de s’être laissé aller à amplifier encore, à propos d’un sujet qui prêtait tant à des comparaisons tout à l’avantage des habitudes des sauvages. e La corruption des mœurs à la fin duXVIII sièclesiècle était réelle, et le masque dont elle se couvrait ne faisait pas illusion aux philosophes qui, en vantant l’état de nature, croyaient plutôt faire une satire à la Tacite que donner des règles de conduite. C’est donc à tort qu’on voudrait voir ici un code de réforme sociale et dans Diderot l’apôtre de la communauté des femmes et du partage des biens. Quelques louanges qu’il donne aux Taïtiens, il n’en croit pas autant de bien qu’il en dit. Il ne connaissait pas d’ailleurs certains détails qui allaient un peu trop directement contre sa thèse, comme l’infanticide, une des plaies vives de cette société aussi corrompue au fond que la nôtre, et il a écrit en réalité un roman avec Taïti ni plus ni moins que Fénelon avec Salente. Sainte-Beuve explique les idées de Diderot sur le mariage par le peu de convenance qui se trouvait entre sa femme et lui ; mais il a soin de faire remarquer, précisément à propos d’un passage de ceSupplément, que le protagoniste de ces idées aventureuses n’en fut pas moins celui des philosophes du siècle qui cultiva le plus pieusement les relations de père, de fils, de frère, et qui sentit et pratiqua le mieux la moralité de la famille. »

Extrait Le Supplément au voyage de Bougainville a été publié en 1773 : un an après la fin de la publication de l’Encyclopédie, un an avant que Louis XVI n’accède au pouvoir. Diderot est l’un des plus célèbres philosophes des Lumières, mouvement du 18ème siècle qui vise à mettre en avant la raison, les sciences, le progrès

La Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient remet en cause les évidences » de ceux qui voient et la preuve de l’existence de Dieu par la beauté de la Création. L’aveugle devient l’image d’un penseur réduit au tâtonnement de l’expérience et aux hypothèses. Partant de l'observation et de l'expérimentation, Diderot s'élance dans des spéculations philosophiques audacieuses. Il s’interroge sur la psychologie des aveugles et sur leur perception du monde. Examinant le cas du mathématicien Saunderson, aveugle-né, il rapporte le dialogue fictif de Saunderson sur son lit de mort avec le pasteur Holmes Si vous voulez que je croie en Dieu, il faut que vous me le fassiez toucher. » Diderot formule des intuitions émergence d'un sixième sens, sensibilité et énergie de la matière, idées transformistes et notion d'évolution où le hasard joue un rôle, calcul des probabilités, etc. Tout cela mène d'un scepticisme proche de l'athéisme à un matérialisme qui se révèle au fil de la lecture. Les audaces de ce texte envoient Diderot quelques mois en prison. Libéré grâce à l’intervention des libraires, il s’engage à ne plus publier d’œuvres subversives qui, désormais, resteront dans ses cartons. Analysecomplète de l'oeuvre, Supplément au voyage de Bougainville - Denis Diderot (Fiche de lecture), Sophie Lecomte, Fichesdelecture, Fichesdelecture. Des milliers de livres avec la livraison chez vous en 1 jour ou en magasin avec SUPPLÉMENT AU VOYAGE DE BOUGAINVILLE. Dialogue philosophique de Denis Diderot 1713-1784, dont le titre complet est Supplément au Voyage de Bougainville, ou Dialogue entre A et B sur l’inconvénient d’attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n’en comportent pas, publié par l’abbé Bourlet de Vauxcelles dans Opuscules philosophiques et littéraires à Paris chez Chevet en 1796. Le discours de Polly Baker» III apparaît pour la première fois dans l’édition de Gilbert Chinard, donnée à Genève chez Droz en 1935 d’après le manuscrit de Leningrad. Résumé du Supplément au voyage de Bougainville Jugement du Voyage de Bougainville». Par un temps de brouillard, B rapporte avec enthousiasme à A les singularités du récit du navigateur et vante la vie naturelle des sauvages, qu’illustre Aotourou, Tahitien amené en France. Un prétendu Supplément au Voyage sera le garant de ses dires. Les Adieux du vieillard». Le Supplément s’ouvre sur le discours adressé à Bougainville avant son départ par un vieux Tahitien, qui dénonce violemment les maux apportés dans l’île par les Européens. L’Entretien de l’aumônier et d’Orou». Le Supplément dit ensuite comment le Tahitien Orou réussit à convaincre l’aumônier de l’équipage de passer la nuit avec sa fille et le questionna, le lendemain, sur ce Dieu dont les interdictions sexuelles sont contraires à la nature. Suit un discours, rapporté par B, de Polly Baker, mère célibataire condamnée pour libertinage. Suite de l’entretien de l’aumônier avec l’habitant de Tahiti». À Tahiti où la maternité est reine, poursuit Orou, seules sont jugées libertines les femmes stériles qui ont commerce avec des hommes. C’est l’intérêt et non le devoir qui garantit l’ordre public. Convaincu ou poli, l’aumônier honore successivement les autres filles et la femme de son hôte. Suite du dialogue entre A et B». Face à A sceptique, B conclut que la loi de nature supplée aisément aux codes religieux et civils, qui ont dénaturé l’union des sexes. Mais il vaut mieux se conformer aux lois de son pays plutôt que d’être sage parmi les fous. Retour symbolique du beau temps. Analyse du Supplément Une utopie critique Inspirée par le Voyage autour du monde 1771 de Louis Antoine de Bougainville, l’œuvre de Diderot participe du mirage océanien» qui fit voir en Tahiti la nouvelle Cythère. Mais elle n’a rien d’un divertissement exotique ou grivois ; l’utopie tahitienne permet à l’auteur, comme l’indique le sous-titre, de mettre en cause le lien qu’établissent nos sociétés chrétiennes entre relations sexuelles et moralité. À ce titre, le Supplément ne se conçoit pas sans Ceci n’est pas un conte et Madame de La Carlière qui, portant sur la morale sexuelle, forment avec lui un triptyque. Les amours désastreuses autant que policées des personnages de ces contes, cités à la fin du Supplément, servent de prélude à l’évocation de la sexualité libre et heureuse des sauvages tahitiens, qui illustre la conciliation possible entre l’amour et les mœurs. La réflexion morale débouche ainsi, dans cette œuvre que l’on a parfois considérée comme l’expression de la pensée ultime de Diderot, sur une théorie politique, fondée sur l’accord entre les lois et la nature. Les mauvaises mœurs ne sont pour Diderot que l’effet d’une mauvaise législation en bridant les appétits naturels, les codes religieux et civil ont, dans l’Europe vieillissante, corrompu les mœurs. La jeune société tahitienne, elle, a atteint ce point d’équilibre qui la situe à mi-chemin entre les rigueurs du primitivisme et la dégénérescence qui guette toute civilisation. On aurait tort, pourtant, de voir avec Vauxcelles dans le Supplément une sans-culotterie» ; la conclusion» du texte n’a rien de révolutionnaire, qui édicte Nous parlerons contre les lois insensées jusqu’à ce qu’on les réforme, et en attendant nous nous y soumettrons.» Il paraît difficile, en effet, au nom d’une illusoire cohérence de la pensée diderotienne, d’interpréter l’œuvre polyphonique qu’est le Supplément à la lumière de la seule diatribe anticolonialiste du vieillard ou même de la sévère critique faite par Orou de la morale chrétienne. Il ne faut pas oublier qu’en 1772, au moment de la rédaction du Supplément, le philosophe mariait sa fille le plus bourgeoisement du monde. Rêverie à la manière de Diderot nous savons combien était codifiée et hiérarchisée cette société tahitienne, le Supplément énonce seulement l’hypothèse d’une autre organisation sociale, dont le philosophe tire ailleurs, dans l’Histoire des deux Indes, des conséquences plus radicales. Ce que Diderot a en tête ici, à la veille de son départ pour Saint-Pétersbourg, c’est un projet de réforme applicable dans la toute jeune Russie, dont il fera état dans ses Mémoires pour Catherine II. Une pensée en mouvement On a pu qualifier de baroque» l’art de Diderot et déceler dans l’arrangement, voire le contenu du Supplément, des contradictions. L’auteur semble, il est vrai, défier toute logique en plaçant le discours d’adieu avant l’arrivée de l’équipage, en confondant dans le titre supplément» et dialogue» qui alternent dans l’œuvre, en prêtant tour à tour à ses apparents porte-parole B? le vieillard? Orou? des discours divergents. Mais ne faut-il pas plutôt voir dans cette structure éclatée le signe d’une pensée en mouvement, favorisée par les vertus du dialogue et de la supplémentarité ? Les cinq sections du Supplément, qui s’articulent fermement autour d’une lecture de Bougainville, abordent les mêmes thèmes liberté, propriété, comportement matrimonial..., mais les orchestrent différemment. Si la conversation initiale exalte à travers Bougainville les Lumières, le discours du vieillard lui oppose la corruption européenne, qui appelle un remède, proposé par Orou dans l’entretien avec l’aumônier la conversion aux lois de la nature. À la fin du dialogue entre A et B, le directeur de l’Encyclopédie, disant son dernier mot, réaffirme sa foi dans le progrès, qu’il avait mise entre parenthèses pour abandonne[r] [son] esprit à tout son libertinage» début du Neveu de Rameau. En cela il se distingue du Rousseau des Discours, dont la critique morale est sous-tendue par une volonté de réforme politique. Le thème central du Supplément n’est pas neuf. Depuis Montaigne, les philosophes nuds» avaient fait florès dans la littérature française et le Supplément véhicule bien des idées répandues chez les contemporains de Diderot le populationnisme, par exemple. L’originalité de Diderot réside dans l’accent qu’il met sur le caractère physiologique de l’amour. C’est sans doute ce qui explique le retentissement de l’œuvre, qui inspira à Musset quelques strophes du poème “Souvenir”, ne fut pas étrangère aux thèses du socialiste Paul Lafargue sur le droit à la paresse» et fut l’objet d’un pastiche de Giraudoux, le Supplément au Voyage de Cook 1935. ALBERTAN-COPPOLA, in Dictionnaire des oeuvres littéraires de langue française. © Bordas, Paris 1994 Plus d'articles Fiche Les lumières XVIIIe siècle Bac de français Pour aller plus loin Supplémentau voyage de Bougainville, de Denis Diderot, fait référence au voyage de l'explorateur Bougainville en Océanie. Ce texte soulève le problème du colonialisme et célèbre la vie sauvage par rapport à l'homme civilisé, ici dénigré.

Lecture analytique Supplément au voyage de Bougainville Le discours du Vieillard Denis Diderot l. La force oratoire du texte. Caractère très oratoire de la tirade. Procédés oratoires qui expriment la colère du vieillard sont en même temps des moyens de persuasion. • Le discours est divisé en deux paragraphes 1er le discours s’adresse aux Tahitiens Cl 2nd il s’adresse directement au navigateur Bougainville et ? travers lui le lecteur occidental. • Apostrophes et toi, chef des brigands… » l. 17 mise en accusation de Bougai Orou, toi qui ent • Utilisatlon des pron 1ère P. vous eno i’ aussi malh rnleux or 5 Sni* to View vous les connaîtrez rvirez sous eux » et en face » ils » désignent les » hommes ambitieux et méchants 2ème P. le pronom nous désigne le vieillard et les Tahitiens s’oppose au tu désignant le chef de ces » brigands » Et toi, chef des brigands qui t’obéissent » l. 17 et » nous sommes innocents nous sommes heureux » et » tu ne peux nuire à notre bonheur D Forte prise à partie de l’interlocuteur. Exprime la confrontation entre les 2 civilisations, marque leur différent style de vie. pas de je, le vieillard parle au nom de son peuple une civilisation, un groupe. ??? La structure en chiasme permet de souligner une fois de plus l’opposition entre ces deux peuples que tout oppose » elles sont devenues folles dans tes bras ; tu es devenu féroce entre les leurs 1. 22 • Les impératifs souligne l’autorité du vieillard écarte 1. 28. 29. 30. 31. 34. 36. 37. 38 D prise à partie de l’interlocuteur. mise en doute des croyance et pensées des Occidentaux. C] Ces questlons animent le discours et elles montrent l’assurance du vieillard. • Les procédés argumentatifs, stratégie argumentative qui repose sur l’inversion des rôles Cl système hypothétique Si un tahitien débarquait un jour sur vos côtes… » 1. 29 Inverse les situations, l’occidental dans la situation du Tahitien, et le colonisateur dans la situation du colonisé. Série de question oratoires soulignant l’hospitalité des Tahitiens à laquelle s’oppose les violences des Occidentaux Tu es 1. 36 à 38 venu. Procédés mis au services de la dénonciation de la colonisation. Il. Les méfaits de la colonisation 1. Se fait par la force • Vocabulaire dénonciation Morale brigands » 1. 17 le vol de toute une contrée »l. immoralité des colons. Cl Il utillse un champ lexical fort pour souligner cette cruauté avec des verbes comme » enchaîner , » égorger , » assujettir , s haïr asservlr de la loi du plus fort tu es plus fort? Et qu’est-ce que cela fait 1,32 • Ce champ lexical renforce l’attitude des Européens envers les Tahitiens et Diderot développe le champ lexical de la violence funeste avenir fureurs inconnues » folles féroces esclaves » et » teintes de sang Soulignés par des énumérations et répétitions. • La colonisation est illégitime. Elle se fonde sur un système de pensée inégalitaire qui suppose l’infériorité des Tahitiens application de la loi du plus fort Cl Réfutation du Tahitien par l’antithèse 1. 35 brute/frère » Chiasme 1. 36 *AGF 9 rif s l’antithèse 1. 35 brute/frère » C] situation hypothétique • L’auteur utilise également le passé composé qui renforce le caractère nocif des Européens et s’accompagne d’un processus de cause à effet » tu as tenté d’effacer Grâce aux champs lexicaux de la violence et de la guerre, Diderot dresse ainsi un portrait réaliste du comportement des Européens face aux Tahitiens. . Introduit des notions inutiles et néfastes • Intrusion de la notion de propriété la formule je ne sais quelle » 1,20 et l’emplol en italique de Tien et Mien souligne l’étrangeté de cette notion pour les Tahitiens. n une civilisation du partage et de la communauté. Exemple 1. 31-33 montre l’incohérence des Occidentaux antithèse bagatelle/toute une contrée. La propriété suggère l’inégalité, l’envie, la discorde, la violence. • L’esclavage 1. 25. 33 • Une conception de l’amour qui amène la jalousie. C] Gradation dans le vocabulaire de la violence 1. 2 Chez les Occidentaux, l’amour est une passion qui mène à la mort. Chez les Tahitiens, un plaisir sain et naturel. • Une vision du progrès qui est vaine Condamnation des besoins superflus » 1. 43 et des inutiles lumières » 1,41 La soumission des Européens aux biens matériels les conduit ? une course permanente dont le but recule toujours phénomène mis en évidence par l’opposition pénibles efforts/biens imaginaires 1. 47 Mise à distance des valeurs matérielles des Européens par la ormule Ce que tu appelles les commodités de la vie » 1. 5 Cl On a aussi l’émergence de besoins nouveaux des besoins factices qui créent une hié nGF3c,FS l’émergence de besoins nouveaux des besoins factices qui créent une hiérarchie. C] Dénonciation de la colonisation qui se fonde sur opposition entre les 2 civilisations, éloge de a civllisation tahitienne qui renvoie au mythe du Bon Sauvage. Ill. Le discours d’un Bon Sauvage / L’éloge de la vie naturelle Définition image très idéalisé du sauvage » vivant dans un milieu naturel non détérioré par la civilisation. Incarne la pureté et l’authenticité de la nature. Fonctions – permet d’opposer la notion de culture et de nature – permet une dénonciation de la colonisation par le colonisé – relativisme stratégie de dépaysement montrer la société européenne d’un point de vue neuf un outil de critique. Un mythe personnage plus utopique que réel. le Bon Sauvage paré de toutes les perfections manque de réalisme. Il est, en fait, un instrument pour la réflexion et la critique. 1 Le vieillard, le Bon Sauvage • Des qualités oratoires évidentes manie parfaitement les rocédés rhétoriques rythmes, antithèses, métaphores. ?? Des qualités argumentatives . sait opposer les attitudes des Européens à celle des tahitiens, stratégie argumentative de l’échange des rôles. • Fonction symbolique un vieillard incarne la sagesse, le caractère ancestral de la civilisation tahitienne. Par son discours, il s’érige aussi en modèle pour les tahitiens lui n’a pas succombé aux charmes de la civilisation europeenne. 2 Tahiti, une société à l’état de Nature • Insistance sur la pureté nous sommes innocents nous suivons e pur instinct de la nature » l. 9. Des hommes proches de l’origine. Parallélisme lien avec le bonheur. • Communauté des biens effet d’insistance par I PAGF • Communauté des biens effet d’insistance par le jeu des pronoms ici tout est à tous » 1. 21 C] Ce que les Européens qualifient d’ignorance est en fait l’innocence, la sagesse aidant au bonheur de cette société. • Liberté sexuelle 122 un des thèmes importants du dialogue • Concept de liberté » nous sommes libres » 1. 22, en opposition au terme » esclavage Hospitalité, fraternité 1. nous avons respecté notre image en toi » les Tahitiens voient avant tout ce qui rapproche les êtres, au delà des différences leur humanité. • Des hommes qui savent limiter leurs besoins un idéal de mesure et de sagesse. Autosuffisance mis en évidence par les rythmes binaires et le parallélisme 1,45 » lorsque nous avons faim vêtir Ils savent distinguer le bonheur des possessions matérielles. Absence de superflu. Le bien être et le repos sont mis en éloge » laisse nous nous reposer Une civilisation harmonieuse, garantie de bonheur. C] Cela rend la colonisation d’autant plus scandaleuse. Au début de la tirade, insistance sur l’opposition entre les deux univers et sur la volonté de détruire des Européens Nous sommes innocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire Nous suivons le pur instinct de la nature ; et tu as tenté d’effacer Ici tout est à tous ; et tu nous as prêché Nos filles et nos femmes nous sont communes ; et tu es venu allumer » Opposition nous et tu, terme péjoratif et mélloratlf, présent et passé composé. Rupture souligné par le [ ; I et la conjonction et.

Fichede lecture ; supplément au voyage de Bougainville, de Denis Diderot ; analyse complète de l'oeuvre et résumé . Fiche de lecture ; supplément au voyage de Bougainville, de Denis Diderot ; analyse complète de l'oeuvre et résumé . Fiche; Autres éditions(1) 0 note . Fanny Normand. Date de parution : 22/04/2014; Editeur : EAN : 9782806212344;
SUPPLÉMENTAU VOYAGE DE BOUGAINVILLE. Dialogue philosophique de Denis Diderot (1713-1784), dont le titre complet est: Supplément au Voyage de Bougainville, ou Dialogue entre A et B sur l'inconvénient d'attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n'en comportent pas, publié par l'abbé Bourlet de Vauxcelles dans Opuscules philosophiques et littéraires à
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  • p3r41ypaxa.pages.dev/343
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  • denis diderot supplĂ©ment au voyage de bougainville analyse