Comment faire des tours de magie sans cartes ? Tournez un bras et tapez Ă nouveau dans vos mains. Si vous essayez de pratiquer cette astuce et que vous ne la comprenez pas, arrĂȘtez-vous et placez vos deux mains devant vous avec vos pouces vers le haut. Tapez dans vos mains et tournez-les pour poser votre pouce vers le bas. Comment faire disparaĂźtre une piĂšce facilement ?Comment ils font la magie ?Comment faire disparaĂźtre un stylo ?Comment casser un verre avec ses mains ?Comment faire disparaĂźtre une personne tour de magie ?Comment Empalmer une piĂšce ?Comment faire sauter les allumettes ? Comment faire disparaĂźtre une piĂšce facilement ?image credit © le verre dans la piĂšce. Sur le mĂȘme sujet Tour de magie 21 cartes. Ventilez une baguette magique, appuyez trois fois sur le fond du verre ou dites une formule magique pour ajouter un peu de spectacle. Cela aide Ă©galement Ă montrer que vous avez fait disparaĂźtre la piĂšce par magie. Comment faire disparaĂźtre une piĂšce de votre main ? Montrez quâelle est partie. Lorsque vous levez la main fermĂ©e, le public croira que la piĂšce est dedans, et vous pouvez ajouter un petit spectacle pour montrer que vous lâavez fait disparaĂźtre. Vous pouvez appuyer plusieurs fois sur vos doigts avec une baguette magique ou mĂȘme un crayon. Comment faire bouger une piĂšce sans la toucher ? Vous pouvez souffler sur un mouchoir pour le faire bouger. Plus vous soufflez dessus, plus il voyage longtemps. Vous pouvez dĂ©placer un milliard de billes avec une paille, souffler dessus pour le pousser, ou lâaspirer pour le dĂ©placer dâune boĂźte Ă lâ pourrait vous intĂ©resser Tour de magie harry potter Tour de magie mathĂ©matique Comment dessiner un magicien Les 10 meilleurs conseils pour maigrir grace au citron Comment devenir magicien Comment ils font la magie ?Un magicien est avant tout un excellent communicateur. En fait, on dit souvent que la magie est lâart de prĂ©senter. A voir aussi Tour de magie carte explication. Un magicien communique avec sa voix ainsi quâavec tout son corps regard, posture, mouvements, mains, etc.. Comment expliquer la magie ? La magie est basĂ©e sur lâerreur de faire une analogie idĂ©ale pour une connexion rĂ©elle », par exemple le raisonnement du magicien vient du fait que le coq chante quand le soleil se lĂšve, lâidĂ©e que si le coq est fou, le soleil va augmenter. Dans tous les cas, la magie fournit une explication au monde. Qui fait de la magie ? magicien Personne qui pratique la faire disparaĂźtre un stylo ?Tapotez Ă nouveau le stylo contre votre main gauche et pointez-le Ă nouveau vers votre tĂȘte. Vous pouvez continuer Ă compter en disant un, deux, puis le faire disparaĂźtre Ă trois heures. A voir aussi Tour de magie echarpe. Il faut beaucoup de travail pour faire disparaĂźtre un stylo par magie. Vous devez activer! Comment faire disparaĂźtre une balle ? Les sorciers le font parfois avec un compte-gouttes, ils introduisent de lâacide chlorhydrique sel Ă lâintĂ©rieur de la balle. Ajoutez ensuite quelques gouttes dâammoniaque et immĂ©diatement ils voient apparaĂźtre un nuage. Câest Ă ce moment-lĂ quâils bouchent lâouverture, comme nous lâavons expliquĂ© plus haut. Comment faire apparaĂźtre et disparaĂźtre un objet ? DĂ©sactiver lâobjet Le composant qui sâoccupe de la reproduction visuelle une reproduction va donc sâarrĂȘter et lâobjet ne sera plus affichĂ©. Cette mĂ©thode vous permet de rĂ©activer lâobjet ultĂ©rieurement. En retour, il prend de la place en mĂ©moire. La rĂ©activation ultĂ©rieure sera plus rapide que la crĂ©ation dâun nouvel casser un verre avec ses mains ?Bien prendre en bouteille. Tournez deux des doigts de votre main non dominante puis votre main gauche si vous ĂȘtes droitier autour du goulot de la bouteille. Voir l'article Comment jongler au foot. Cela vous Ă©vite de vous couper avec les Ă©clats de verre. Comment casser un verre avec sa voix ? Pour ce faire, tapotez simplement le verre avec votre ongle pour entendre la frĂ©quence de rĂ©sonance propre Ă chaque verre, la rĂ©sonance créée par la forme tubulaire du verre. Ainsi, les molĂ©cules dâair dans le verre sâagitent trĂšs haut Ă la frĂ©quence exacte, le faisant vibrer. Trop de vibrations brisent le verre. Comment Ă©craser une bouteille ? Plongez la bouteille dans lâeau froide. Attendez que la ficelle soit complĂštement brĂ»lĂ©e et plongez la bouteille avec la ficelle directement dans lâeau froide. La bouteille doit ĂȘtre cassĂ©e proprement Ă lâendroit oĂč le cordon est enroulĂ©. Ă quelle frĂ©quence faut-il casser un verre ? Si le son est suffisamment fort, la vibration du verre finira par se briser. Par exemple. la frĂ©quence naturelle des vitres est dâenviron 100 Hz, tandis que les verres Ă boire sont plus aigus environ 420 faire disparaĂźtre une personne tour de magie ?Il suffit de changer la lumiĂšre, câest-Ă -dire de ne plus Ă©clairer lâarriĂšre du miroir, mais lâavant. A voir aussi Tour de magie sans rien. La personne qui est dans le noir derriĂšre la vitre sans tain nâest plus visible, elle semble avoir disparu. Comment faire des tours de magie simples ? Faites semblant de cliquer sur vos doigts avec votre main gauche tout en appuyant le crayon contre votre poignet droit. InsĂ©rez le crayon discrĂštement Ă travers la manche sur le bras droit, puis montrez que le crayon est parti. Vous convaincrez encore plus votre public si vous pouvez faire cette astuce rapidement. Ă quoi dois-je ressembler une piĂšce? Tenez lâobjet Ă la base du majeur et de lâannulaire et gardez les doigts naturellement courbĂ©s. Cette technique est plus simple que la prĂ©cĂ©dente et votre main semble toujours dans une position naturelle. Paume et pouce. Tenez le bord de la piĂšce entre votre pouce et votre Empalmer une piĂšce ?Pour faire disparaĂźtre une piĂšce de deux euros de maniĂšre originale, vous devez prendre la piĂšce entre le pouce et lâindex de votre main droite. Le magicien pointe cette main vers la main gauche, comme pour y placer la piĂšce. Lire aussi Tour de magie deviner un nombre. Il pousse rapidement le bout de son majeur sur la piĂšce et appuie fort. Comment faire un tour de magie avec une piĂšce de monnaie ? RelĂąchez-le sans ouvrir le poing. Il semblera que vous agitiez simplement votre poing au-dessus de votre autre main. Le public ne verra pas que la piĂšce tombe rĂ©ellement dans lâautre main. Fermez les doigts de lâautre main dĂšs que vous sentez que la piĂšce est tombĂ©e faire sauter les allumettes ?Rendez les deux matchs vraiment touchants. Voir l'article Tour de magie simple carte. Faites glisser trĂšs lĂ©gĂšrement le majeur de la main droite pour quâil exerce son effet catapulte ». Et saute ! Le deuxiĂšme match est repoussĂ© ! Comment faire 10 matchs en un ? Transformez dix matchs en un. Avec le premier triangle vous formez le chiffre 4. Faites un carrĂ© en dĂ©plaçant une seule allumette figure de gauche. Solution au milieu, et prĂ©sente effectivement le carrĂ© de 2 = 4. Comment dĂ©placer une seule allumette pour faire un carrĂ© ? Quelques idĂ©es de tĂąches 1- Quatre allumettes sont disposĂ©es en croix Comment obtenir un carrĂ© en dĂ©plaçant une seule allumette ? SOLUTION Il ne faut pas prendre carrĂ© » dans son sens gĂ©omĂ©trique, mais arithmĂ©tique 4 est le carrĂ© de 2.
Essayezun mĂ©lange une couleur avec une autre sur les pointes ou le glaçage ou les reflets. Taille: ils ont des tailles de tĂȘte plus grandes disponibles et des instructions sur la façon de se mesurer Ă la taille de la perruque - petite, rĂ©guliĂšre ou grande. Une perruque de moins de 30 dollars sera probablement en nylon bon marchĂ© et inutilisable, comme les perruquesAccueil Documentation Logiciel R Graphique avec R ParamĂštres graphiques Les diffĂ©rents types de points dans R Comment utiliser pch? Les differents types de points Exemples Le script R utilisĂ© pour gĂ©nĂ©rer un graphique des types de points Infos Plusieurs types de points ou symboles graphiques sont disponibles dans R. Lâargument Ă utiliser pour spĂ©cifier le type de points est pch. Les differents types de points La figure ci-dessous montre les diffĂ©rents types de points La fonction utilisĂ©e pour gĂ©nĂ©rer cette figure est fournie Ă la fin de ce document. pch = 0, cercle pch = 1, rond pch = 2, triangle pch = 3, plus pch = 4, croix pch = 5, losange pch = 6, triangle vers le bas pch = 7, carrĂ© avec croix pch = 8, Ă©toile pch = 9, losange avec plus pch = 10, cercle avec plus pch = 11, triangles hauts et bas pch = 12, carrĂ© avec plus pch = 13, cercle avec croix pch = 14, carrĂ© et triangle vers le bas pch = 15, carrĂ© plein pch = 16, cercle plein pch = 17, triangle plein vers le haut pch = 18, losange plein pch = 19, cercle solide pch = 20, petit rond plein pch = 21, cercle plein bleu pch = 22, carrĂ© plein bleu pch = 23, losange plein bleu pch = 24, triangle plein vers le bas bleu pch = 25, triangle plein vers la bas bleu Un point peut ĂȘtre omis en utilisant pch = NA. Exemples x<-c 3, 7, y<-c4, 9, 11, Graphique en points plotx, y Changer le type de points Utiliser un cercle solide plotx, y, pch = 19 Par dĂ©faut pch=1 Les arguments suivants peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour changer la couleur et la taille des points col couleur code hexadĂ©cimal ou nom des points bg La couleur de remplissage des symboles ouverts. Ceci peut ĂȘtre utilisĂ© seulement quand pch = 2125. cex La taille des points lwd lâĂ©paisseur du trait des symboles Changer la couleur plotx, y, pch=19, col="darkgreen", cex= La couleur peut ĂȘtre un vecteur plotx, y, pch=19, col=c"green", "red" Changer le type de point, la couleur des traits, celui de remplissage et l'Ă©paisseur des traits plotx, y, pch = 24, cex=2, col="blue", bg="red", lwd=2 Notez que, seulement les types de points de 21 Ă 25 peuvent ĂȘtre remplis en utilisant lâargument bg= Dâautres caractĂšres peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour spĂ©cifier la valeur de pch â+â, â*â,â-â,â.â,â, â%â, âoâ plotx=rnorm100, y=rnorm100, pch="+" Le script R utilisĂ© pour gĂ©nĂ©rer un graphique des types de points Utiliser la fonction R suivante pour gĂ©nĂ©rer le graphique des diffĂ©rentes formes de points disponibles dans R ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ GĂ©nerer le graphiqe des diffĂ©rents types de points ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ generateRPointShapes<-function{ oldPar<-par parfont=2, mar=c y=revcrep1,6,rep2,5, rep3,5, rep4,5, rep5,5 x=crep15,5,6 plotx, y, pch = 025, cex= ylim=c1, xlim=c1, axes=FALSE, xlab="", ylab="", bg="blue" textx, y, labels=025, pos=3 parmar=oldPar$mar,font=oldPar$font } generateRPointShapes Infos Cette analyse a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e avec R ver. Enjoyed this article? Iâd be very grateful if youâd help it spread by emailing it to a friend, or sharing it on Twitter, Facebook or Linked In. Show me some love with the like buttons below... Thank you and please don't forget to share and comment below!! Avez vous aimĂ© cet article? Je vous serais trĂšs reconnaissant si vous aidiez Ă sa diffusion en l'envoyant par courriel Ă un ami ou en le partageant sur Twitter, Facebook ou Linked In. Montrez-moi un peu d'amour avec les like ci-dessous ... Merci et n'oubliez pas, s'il vous plaĂźt, de partager et de commenter ci-dessous! Recommended for You! Want to Learn More on R Programming and Data Science? Follow us by Email On Social Networks Get involved Click to follow us on Facebook and Google+ Comment this article by clicking on "Discussion" button top-right position of this page Astuce: accrocher une Ă©pingle Ă nourrice Ă l'intĂ©rieur Ă une extrĂ©mitĂ© avec une ficelle passĂ© dedans, tu n'as plus qu'Ă tirer sur la ficelle de l'autre cĂŽtĂ©. Ensuite tu couds ces laniĂšres Ă l'intĂ©rieur de ton sac (Ă environ 5 cm) en dessinant un carrĂ© avec une croix dedans. Autres rĂ©ponses Comment faire sĂ©cher son vernis plus vite naturellement ? Remplissez un bol d'eau Les cours de rĂ©crĂ©ation amorcent-elles leur mutation ? Depuis plusieurs mois, ce carrĂ© dâasphalte qui semblait immuable attire enfin ? les regards. Des municipalitĂ©s comme Bordeaux, Lyon, Lille, Paris, Grenoble ou Rennes communiquent sur leur volontĂ© de proposer aux Ă©coliers des cours plus vertes, plus mixtes et moins genrĂ©es ». Câest surtout le regard des adultes qui change sur ce sujet », observe Julie Delalande, anthropologue qui Ă©tudie depuis vingt ans cet espace jusquâici passablement ignorĂ©.â Ă LIRE. Ă lâĂ©cole de la rĂ©crĂ© »La chercheuse lie ce regain dâattention Ă deux Ă©lĂ©ments extĂ©rieurs Ă la vie de la cour elle-mĂȘme » le changement climatique, qui rĂ©vĂšle lâeffet fournaise des espaces goudronnĂ©s, et le premier confinement, qui a soudain accru lâintĂ©rĂȘt pour les activitĂ©s en plein air. Et les enfants, lĂ -dedans ? Ils vivent plutĂŽt cet espace quotidien dans la continuitĂ© » avec des jeux, des codes et des rĂšgles tacites qui se transmettent entre pairs, de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration », et constituent ce que Julie Delalande identifie comme une culture enfantine ». Ă laquelle, dâaprĂšs elle, les adultes devraient ĂȘtre davantage attentifs pour lâaider Ă sâ lĂ que, parfois, le bĂąt blesse. La judiciarisation » de la sociĂ©tĂ© et le fantasme du risque zĂ©ro ont assĂ©chĂ© les rĂ©crĂ©s. Les billes, les cordes Ă sauter et mĂȘme les ballons y sont parfois interdits car jugĂ©s dangereux, ou gĂ©nĂ©rateurs de conflits. On ne sort pas quand il pleut, parce que ça mouille, ni quand il neige, parce que ça glisse⊠Et, pour compliquer le tout, les rĂšgles varient selon les Ă©tablissements, les pĂ©riodes et les interlocuteurs. Avec la maĂźtresse, on a le droit de monter aux arbres, mais pas avec les animateurs », remarque ainsi Gabin. Câest parce quâils nâont pas le mĂȘme contrat », croit savoir un grand de CM2. Lâinstitution sâintĂ©resse bien plus Ă la rĂ©ussite scolaire quâĂ ce qui se passe dans la cour. »Julie Delalande, anthropologueBon an, mal an, les Ă©lĂšves sâadaptent, comme ils lâont fait face au protocole sanitaire imposĂ© par la pandĂ©mie. Joachim, 7 ans, joue dĂ©sormais Ă Covid » avec ses copains Il faut Ă©viter de se faire toucher par le virus, et libĂ©rer ceux qui sont Ă lâhĂŽpital. » Perplexe face aux instructions changeantes sur les jouets autorisĂ©s dans son Ă©cole, Lina relativise Ăa va, on se dĂ©brouille, on fait des jeux sans jouets. Et puis on sâassoit par terre, contre le grillage, et on invente des histoires. Moi, je suis en train dâimaginer un jeu de sociĂ©tĂ©. »NâempĂȘche. Si la crĂ©ativitĂ© des enfants sait pousser hors-sol, elle se nourrit aussi dâĂ©lĂ©ments matĂ©riels, ne serait-ce que de feuilles et de brindilles pour crĂ©er un village miniature. La vĂ©gĂ©talisation dâune cour peut coĂ»ter cher, mais certaines initiatives sont plus accessibles sortir les livres du CDI aux beaux jours, remplacer les ballons par des balles en mousse, autoriser frisbees, cerceaux et jeux de sociĂ©tĂ©, accueillir potager ou poulailler⊠Des projets qui reposent parfois juste sur les Ă©paules de quelques adultes dĂ©terminĂ©s.â ENQUĂTE. Ăcole du socle », faire tomber les murs entre primaire et collĂšgeEn principe, tout le monde souhaite que les Ă©lĂšves soient bien dans leur cour, et que chacun y trouve sa place. Mais est-on disposĂ© Ă laisser les petits creuser et grimper, parce que ça les amuse ? Ou bien les ados Ă se soustraire aux regards, sâils en ont besoin ? Les enseignants et les directions dâĂ©tablissements sont contraints par des normes trĂšs fortes, et confrontĂ©s Ă des parents inquiets, rappelle Julie Delalande. Pourtant le rapport au risque sâapprend, comme le reste ! Mais lâinstitution sâintĂ©resse bien plus Ă la rĂ©ussite scolaire quâĂ ce qui se passe dans la cour. »Elle analyse On prĂ©fĂšre ne prendre aucun risque, et tant pis pour lâĂ©veil, la pĂ©dagogie⊠Quels sont nos choix institutionnels ? Faut-il choisir la facilitĂ© ? Lâinstitution est-elle prĂȘte Ă couvrir les enseignants par rapport au risque, parce que ça peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique ? » Dans la mini-sociĂ©tĂ© que constitue leur cour, certains Ă©tablissements osent innover et tĂątonner pour tenter dâinventer dâautres rĂ©crĂ©s. Des initiatives inventives, diverses et Ă©parses, qui gagneraient Ă tunnel ? Oui, regardez bien, au centre de lâimage. Ă lâorigine, câĂ©tait un tuyau destinĂ© aux rĂ©seaux dâeaux. / AZILIZ CLAQUIN Une cour plus ludiqueLa cour de lâĂ©cole Notre-Dame-de-la-Croix, prĂšs de Vannes, offre un bien curieux spectacle. Sur le rectangle bitumĂ© fermĂ© dâun joli mur en pierres, des enfants se poursuivent juchĂ©s sur des poussettes, quand dâautres sâaffrontent armĂ©s de frites de piscine. Plus loin, dans un coin, une gamine pianote sur un clavier dâordinateur portable, tandis quâun groupe rĂ©amĂ©nage le toboggan avec de vieux rideaux et des cĂŽnes de chantier. Ămilie Soulabaille traverse cet Ă©trange terrain de jeux lâair parfaitement serein. Câest elle qui, en 2017, a chahutĂ© les rĂ©crĂ©ations de lâĂ©cole privĂ©e de Monterblanc, dans le Morbihan, en dĂ©couvrant sur Internet le concept des boĂźtes Ă jouer ». Elle est alors depuis trois ans directrice de cette Ă©cole maternelle et Ă©lĂ©mentaire, et cherche des idĂ©es pour pacifier la rĂ©crĂ©.â LONG FORMAT. Directeur dâĂ©cole, mission impossible ? Quand jâai dĂ©couvert lâassociation Jouer pour vivre, qui installe dans les Ă©coles des boĂźtes pleines de jeux, je me suis dit âCâest super, je veux ça !â » SitĂŽt dit, presque sitĂŽt fait. Lâenthousiaste directrice partage sa trouvaille avec le rĂ©seau dâĂ©coles voisines, et sĂ©duit sa collĂšgue de La Vraie-Croix, Ă quelques kilomĂštres de lĂ . En 2018, le personnel des deux Ă©coles se forme et bĂ©nĂ©ficie, de la part de lâassociation, de conseils adaptĂ©s Ă la configuration et aux besoins de chaque Ă©tablissement. En 2019, les premiĂšres boĂźtes Ă jouer arrivent. On en a vu trĂšs rapidement les effets, avec moins dâincidents et dâaccidents dans la cour », se souvient Ămilie concept anglais est surtout dĂ©clinĂ© par lâassociation Jouer pour vivre dans dâĂ©troites cours parisiennes. Les boĂźtes Ă jouer sây ouvrent telles des coffres Ă trĂ©sors, augmentant lâespace dâun surcroĂźt dâimaginaire. Ă Notre-Dame-de-la-Croix, ce nâest pas lâespace qui manque. Plus, en tout cas. JusquâĂ lâĂ©tĂ© 2020, les 260 Ă©lĂšves se partageaient la cour de devant ». Depuis septembre, lâespace de jeu a gagnĂ© 1 500 mĂštres carrĂ©s Ă lâarriĂšre du bĂątiment. Si le nouveau terrain de verdure a rĂ©duit promiscuitĂ© et bousculades, la nouvelle approche du jeu apporte une touche rĂ©volutionnaire. On a vu trĂšs rapidement les effets, avec moins dâincidents et dâaccidents dans la cour. »Ămilie Soulabaille, directrice de lâĂ©cole maternelle Notre-Dame-de-la-CroixLâadulte qui se balade dans cette cour hors norme oscille sans cesse entre pics de stress et instants dâĂ©merveillement. On sourit de voir une fillette occupĂ©e Ă la tĂąche sans fin de balayer le sol terreux, ou un garçon tenter de dompter un dĂ©ambulateur. On sâinquiĂšte pour ces deux enfants qui jouent Ă se balancer dans de vieux siĂšges auto Ne vont-ils pas tomber ? Ah non. ».Ă Notre-Dame-de-la-Croix, les boĂźtes Ă jouer contiennent des objets de rĂ©cupâ, et tout le monde sâest pris au jeu. Des parents et grands-parents ont donnĂ© leurs vieilles poĂȘles et casseroles, et fabriquĂ© pour la cour une cuisine en palettes de bois. Cathy, Asem comprendre agent spĂ©cialisĂ© dâĂ©cole maternelle » et reine de la dĂ©chetterie », a dĂ©gotĂ© un frigo pour complĂ©ter lâĂ©quipement. Lâemployeur dâun papa a donnĂ© un tuyau destinĂ© aux rĂ©seaux dâeaux sous les routes, devenu pour les enfants un tunnel Ă les enfants grattent, creusent, grimpent, balayentâŠet sâamusent ! / AZILIZ CLAQUIN Avec tout ce matĂ©riel sous la main, les Ă©lĂšves inventent sans fin. Auparavant, il y avait plus de conflits, car plus dâennui. LĂ , avec la multitude dâoccupations possibles, chacun est Ă son affaire », constate Vanessa Bouchard, directrice de lâĂ©cole catholique de La jour dâĂ©tĂ©, une bande dâenfants sâactive dans la terre, sous un escalier. ArmĂ©s de bĂątons et de cuillĂšres, ils grattent frĂ©nĂ©tiquement. Ă force de creuser, ils ont trouvĂ© des ossements ! », sâexclame un animateur, partagĂ© entre inquiĂ©tude et admiration. Dans le rĂ©cit que construisent les apprentis palĂ©ontologues, les os de chat ? de poulet ? sont forcĂ©ment ceux dâun dinosaure, et ils fouillent de plus belle. HĂ© les gars, si vous creusez assez, vous allez trouver la mer ! », lance un moqueur assis plus loin. Lui sâapplique Ă tamiser de la terre avec le filtre dâune antique machine Ă cafĂ©. Regarde, touche ! On fabrique une poudre toute douce. » Si les enfants sont sales, ça prouve quâils ont bien jouĂ© ! »Annie FrĂ©hel, enseignante en CP-CE1Mais comment sâennuyer, en effet ? Il faut juste faire avec un Ă©norme nuage de poussiĂšre. La sĂ©curitĂ© et la propretĂ© sont des aspects importants du projet, signale Annie FrĂ©hel, enseignante en CP-CE1. Mais si les enfants sont sales, ça prouve quâils ont bien jouĂ© ! » AprĂšs de premiĂšres rĂ©ticences vite balayĂ©es, les parents prĂ©fĂšrent, tout rĂ©flĂ©chi, que les enfants se salissent dans la terre plutĂŽt que de tourner en rond sur le bitume. Ămilie Soulabaille constate que cette approche du jeu casse la reprĂ©sentation selon laquelle il faut ĂȘtre propre et bien habillĂ© pour lâĂ©cole. Les enfants viennent ici pour jouer, apprendre et expĂ©rimenter ».CĂŽtĂ© expĂ©riences, de fait, on nâest pas en reste. Ici, les enfants ont le droit de monter aux arbres, dâescalader les grilles, de dĂ©valer la pelouse Ă vĂ©lo. On les observe, et on part de leurs besoins pour penser lâamĂ©nagement, explique Ămilie Soulabaille. Par exemple, on a vu quâils avaient envie de grimper sur les barriĂšres. PlutĂŽt que de le leur interdire, on a mis des graviers au sol pour amortir des chutes Ă©ventuelles. » La directrice assure que les interdits attirent, et favorisent les prises de risque excessives. Des interdits, il y en a quand mĂȘme ne pas faire mal, ne pas sortir de lâĂ©tablissement⊠Mais ils sont pesĂ©s. On surveille les Ă©lĂšves en Ă©valuant systĂ©matiquement le rapport bĂ©nĂ©fice-risque. Si lâadulte ressent une crainte, est-elle fondĂ©e ? Faut-il, dans une situation donnĂ©e, interdire, amĂ©nager, laisser faire ? »â ENTRETIEN. LâĂ©cole inclusive nĂ©cessite un profond changement de culture »Lâagrandissement de la cour et lâutilisation dâobjets de rĂ©cupĂ©ration ont transformĂ© la surveillance. Tous les enseignants sont dĂ©sormais sollicitĂ©s pour chaque rĂ©crĂ©ation, ce qui a suscitĂ© quelques rĂ©sistances. Mais lâambiance de surveillance a changĂ©, assure Ămilie Soulabaille. Les Ă©lĂšves sont moins en conflit et plus autonomes, câest moins fatigant. » Lâenseignante Annie FrĂ©hel confirme Avant, on passait les rĂ©crĂ©s Ă rĂ©soudre des conflits. LĂ , les enfants inventent, dĂ©tournent les objets⊠Et en classe, on sent quâils ont eu leur quota de libertĂ© et dâexercice physique. »Aujourdâhui, les jeux dĂ©calĂ©s de lâĂ©cole de Monterblanc nâeffarouchent plus personne, au contraire. Certaines familles choisissent mĂȘme cet Ă©tablissement pour que leurs enfants sâamusent avec des dĂ©ambulateurs, et grimpent dans les arbres sans entrave. Pourtant, Ămilie Soulabaille se souvient nâavoir pas toujours bien dormi au dĂ©but. Je me disais âMais dans quoi on se lance ?â » Elle a pris le Ă©co-dĂ©lĂ©guĂ©s de la citĂ© scolaire Alcide-Dusolier, en Dordogne, sâimpliquent dans leur cour devenue en partie jardin. Une cour plus natureLa cour de la citĂ© scolaire de Nontron, dans le PĂ©rigord, a des airs de vacances des grappes dâadolescents discutent sur des tables de pique-nique sous les arbres, un couple dâamoureux se bĂ©cote dans lâherbe, des lycĂ©ens jouent au volley au rythme de la musique qui monte dâun tĂ©lĂ©phone portable⊠LâĂ©tablissement Alcide-Dusolier jouit dâun bel espace deux hectares, dont un dâespaces verts. Ăa nâa pas toujours Ă©tĂ© vu comme un avantage, remarque Erwan Sellin, professeur de SVT sciences de la vie et de la Terre. Avant, cette cour Ă©tait surtout perçue comme un lieu difficile Ă surveiller. »Lorsque cet enseignant arrive de rĂ©gion parisienne en 2008, cette cour ressemblait Ă un parc vide ». Les Ă©lĂšves dĂ©daignaient la pelouse, massĂ©s sur un terrain goudronnĂ© propice aux bousculades. TrĂšs impliquĂ© pour la promotion de la biodiversitĂ©, Erwan Sellin a progressivement investi les vastes espaces verts de lâĂ©tablissement. Qui est aujourdâhui, avec le projet CitĂ© de la biodiversitĂ© », en pointe sur le respect et lâaccueil de la nature.â GRAND FORMAT. Les AESH, ces invisibles » qui ouvrent lâĂ©cole aux enfants handicapĂ©sLes quelque 800 Ă©lĂšves scolarisĂ©s ici cĂŽtoient dĂ©sormais une vingtaine de nichoirs Ă passereaux, chouettes ou chauves-souris, des nids Ă abeilles solitaires, un abri Ă hĂ©rissons, une mare⊠Une cinquantaine dâĂ©lĂšves sont Ă©co-dĂ©lĂ©guĂ©s, trĂšs engagĂ©s pour la CitĂ© de la biodiversitĂ© », mais tous les collĂ©giens et lycĂ©ens ne sont pas Ă©galement sensibles au sort des perce-oreilles ou des xylophages. Ils apprĂ©cient tout de mĂȘme les rondins de bois pour sâinstaller Ă lâombre, les jolies fleurs, le plaisir de sâasseoir dans lâherbe⊠En plus, si on tombe, on se fait moins mal », prĂ©cise scolaire Alcide-Dusolier. Tous goĂ»tent une cuisine 100 % maison et bio Ă la cantine, oĂč les dĂ©chets sont triĂ©s depuis des annĂ©es. Les Ă©lĂšves peuvent rester ici sept ans, observe la proviseure Ălise Coulon-Colombeau. Le projet dâĂ©tablissement crĂ©e une acculturation aux enjeux de dĂ©veloppement durable, mĂȘme sâil faut pour certains sortir de leur zone de confort. Sur lâĂ©ducation au goĂ»t, par exemple. » Les lĂ©gumes de saison et les meringues aux pois chiches ne font pas lâunanimitĂ© mais le chef cuisinier, qui cueille ses aromates au potager de la cour, compte bien proposer bientĂŽt des ateliers de cuisine aux Ă©lĂšves. Progressivement, on fait de plus en plus de choses pour la nature »ThĂ©o, Ă©lĂšve de premiĂšre Ă la citĂ© scolaire de NontronLes Ă©co-dĂ©lĂ©guĂ©s, eux, sâen donnent Ă cĆur joie. Dans un local aux allures de caverne dâAli Baba, ils accĂšdent Ă tout un matĂ©riel pour creuser, couper, peindre, arroser⊠Les nichoirs, mangeoires et autres hĂŽtels Ă insectes sont bricolĂ©s entre amis, pendant les rĂ©crĂ©s ou les heures libres », dĂ©taille ThĂ©o, en premiĂšre. Pour les gros travaux, des journĂ©es Ă©co-citoyennes » invitent les familles Ă se joindre Ă lâeffort. On voit alors des parents qui ne viennent jamais aux rĂ©unions parents-profs, remarque Erwan Sellin. On travaille ensemble, tous en bleu de travail, ça crĂ©e des relations diffĂ©rentes. »Dans les nombreux coins de verdure de la citĂ© scolaire, des Ă©lĂšves dĂ©couvrent les sciences participatives en recensant les papillons, les vers de terreâŠ, la photo de nature, la botanique, la permaculture, la vie qui sâĂ©panouit dans une mare ou une friche⊠Autant de dĂ©couvertes quâils appliquent ensuite chez eux, ou projettent dans leurs choix dâorientation. Progressivement, on fait de plus en plus de choses pour la nature, remarque ThĂ©o. Ăa devient presque un mode de vie. »Les estrades Ă©phĂ©mĂšres disposĂ©es dans la cour du collĂšge Voltaire, en Haute-Garonne, permettent dâimaginer des amĂ©nagements mieux partagĂ©s entre filles et garçons. / AZILIZ CLAQUIN Une cour plus mixteSous un soleil de plomb dans une cour dĂ©serte, Ădith MaruĂ©jouls et CĂ©lia Ferrer transportent de larges rectangles de bois, les empilent, sâinterrogent, et les dĂ©placent Ă nouveau. Cette occupation mystĂ©rieuse sâinscrit dans leur mission destinĂ©e Ă repenser la cour du collĂšge Voltaire Ă Colomiers, prĂšs de Toulouse. Ădith MaruĂ©jouls est gĂ©ographe spĂ©cialiste des questions de genre, CĂ©lia Ferrer designer sociale et, pour lâheure, elles attendent la collĂ©giens qui sortent de classe sont comme des chats intriguĂ©s par ces nouvelles installations, ils sâen approchent, tournent autour, montent dessus⊠Les intervenantes nâen perdent pas une miette. Regarde, les filles sâinstallent au centre, câest intĂ©ressant⊠On verra si elles restent jusquâau bout. » Elles remarquent le petit collĂ©gien qui tire une palette Ă lâĂ©cart, Ă lâombre dâun bĂątiment. Il crĂ©e son petit coin. Câest important que les Ă©lĂšves puissent ĂȘtre seuls sâils le souhaitent. »â ENTRETIEN. Restituer aux femmes leur place dans lâespace, câest leur redonner confiance »Ces installations Ă©phĂ©mĂšres permettent dâexpĂ©rimenter des possibilitĂ©s dâamĂ©nagement. On propose, pour voir comment ils en disposent », commente Ădith MaruĂ©jouls. Cette Ă©tape intervient aprĂšs plusieurs Ă©changes avec des Ă©lĂšves du collĂšge qui ont dessinĂ© leur cour, retracĂ© leurs dĂ©placements, imaginĂ© des noms pour les diffĂ©rents espaces, et discutĂ© ensemble dâĂ©galitĂ©, de mixitĂ©, de droit Ă la diffĂ©renceâŠInitiĂ©e par le conseil dĂ©partemental de la Haute-Garonne, la dĂ©marche convainc la nouvelle Ă©quipe de direction du collĂšge ainsi que Catherine Cadilhac, conseillĂšre principale dâĂ©ducation La cour joue sur le climat scolaire, et cette cour est triste », juge-t-elle. Les bagarres, auparavant quotidiennes, ont diminuĂ©, mais la cour ne sert quâĂ dĂ©fouler certains garçons. Les autres stagnent ou marchent ». La cour ne sert quâĂ dĂ©fouler certains garçons. Les autres stagnent ou marchent. »Catherine Cadilhac, conseillĂšre principale dâĂ©ducation du collĂšge VoltaireLa question de lâoccupation de lâespace par les garçons et de lâomniprĂ©sence du foot est rĂ©currente dans les cours de rĂ©crĂ©. En gĂ©nĂ©ral, les footballeurs sont au centre, et tous les autres se contentent de la pĂ©riphĂ©rie, en priant pour ne pas se prendre un penalty dans le nez. Le collĂšge Voltaire de Colomiers ne fait pas exception. DĂšs quâon passe, ils nous disent de dĂ©gager », soupire Max, petit bonhomme de sixiĂšme. En plus, comme ils nâont pas de terrain, ils jouent partout ! », sâagace CĂ©lian, en troisiĂšme. Aucune ligne au sol ne dĂ©limite en effet les football nâest pas un sujet de garçons, mais de quelques garçons. Et ici, si on ne joue pas au foot, on ne fait rien ! tranche Octave. Alors quâon pourrait jouer au badminton, Ă la pĂ©tanque⊠» LâintĂ©gration dâun terrain de jeux collectifs fait partie des options imaginĂ©es par Ădith MaruĂ©jouls. RĂ©guliĂšrement associĂ©e Ă la conception de cours non genrĂ©es », elle prĂ©fĂšre parler de cours Ă©galitaires ». Je veux imaginer des lieux oĂč lâon apprenne Ă vivre ensemble, dans la cour de rĂ©crĂ©ation comme ensuite dans lâespace public. Apprendre Ă partager lâespace entre garçons et filles, petits et grands⊠»â REPORTAGE. LâĂ©cole Caminando, dans la DrĂŽme quand la nature favorise le goĂ»t dâapprendreLa gĂ©ographe projette pour cette cour une variĂ©tĂ© de propositions », avec des espaces pour se dĂ©penser, et dâautres pour se reposer ». Le jardin, pour le moment verrouillĂ©, pourrait ĂȘtre ouvert et dĂ©diĂ© au repos, aux jeux de sociĂ©té⊠Et puisque le CDI est au rez-de-chaussĂ©e, pourquoi ne pas lâouvrir sur la cour, afin dây donner une place aux lecteurs et Ă la culture ? Idem pour les salles de musique, confidentialisĂ©es » alors quâelles pourraient apporter une autre coloration Ă la trĂšs motivĂ© par cette rĂ©flexion sur le rĂ©amĂ©nagement de la cour, regrette de ne pas pouvoir en profiter, puisquâil sâapprĂȘte Ă entrer au lycĂ©e. Mais le petit Max, excentrĂ© sur un coin dâherbe sĂšche avec sa copine Kayla, aura peut-ĂȘtre la chance de rĂ©viser son jugement sur sa premiĂšre annĂ©e de collĂšge On sâennuie un peu, confie-t-il. En vrai, ça me manque, les cerceaux et les cordes Ă sauter de lâĂ©cole primaire. Ȉ Paris, les cours Oasis sont imaginĂ©es en collaboration avec les Ă©lĂšves et les adultes des Ă©tablissements. / VILLE DE PARIS Une cour plus fraĂźcheLes abords de lâĂ©cole Maryse-Hilsz, dans le 20e arrondissement de Paris, nâĂ©voquent pas exactement la fraĂźcheur. Si le bois de Vincennes nâest pas loin, câest surtout le boulevard pĂ©riphĂ©rique qui est proche, et lâĂ©tablissement se trouve enserrĂ© entre cette artĂšre vrombissante et les barres dâimmeubles qui longent les boulevards des marĂ©chaux. Justement. Câest bien le genre dâendroit qui a besoin dâune oasis, et la mairie de Paris a sĂ©lectionnĂ© ce groupe scolaire pour quâil bĂ©nĂ©ficie du niveau le plus abouti de ses cours Oasis, soutenu par des fonds premier du projet Oasis, lancĂ© en 2017 par la Ville, sâintĂšgre dans la stratĂ©gie dâadaptation de la capitale au rĂ©chauffement climatique. Les cours de rĂ©crĂ©ation ont Ă©tĂ© identifiĂ©es comme un levier pour lutter contre lâeffet dâ Ăźlot de chaleur urbain », qui maintient une tempĂ©rature diurne et nocturne Ă©levĂ©e dans les villes. On constate parfois des Ă©carts de dix degrĂ©s entre Paris et la banlieue », signale RaphaĂ«lle Thiollier, cheffe de projet cour Oasis.â ENQUĂTE. La pĂ©dagogie Montessori, promesse ou business ?Le nouvel espace de lâĂ©cole Ă©lĂ©mentaire Maryse-Hilsz offre un parfait comparatif avant/aprĂšs. La cour Oasis jouxte en effet celle dâun collĂšge qui, elle, nâa pas Ă©tĂ© rĂ©novĂ©e. CĂŽtĂ© Ă©lĂ©mentaire, on se croirait dans un parc, avec des arbres, des chemins de terre, des buttes⊠CĂŽtĂ© collĂšge, ça ressemble Ă un parking un vaste carrĂ© dâasphalte dont les lignes dessinent des terrains de sport plutĂŽt que des stationnements. Ce sol bitumĂ© qui recouvre tant de cours de rĂ©crĂ© est particuliĂšrement ciblĂ© par lâĂ©quipe Oasis, parce quâil absorbe la chaleur le jour et la relĂąche la nuit, aggravant les effets des canicules. Alors que le monde subit des hausses de tempĂ©rature dues au changement climatique, cet effet albĂ©do » affecte les riverains, mais aussi les Ă©lĂšves, maintenant que les Ă©pisodes de canicule interviennent dĂšs le mois de juin. On ne sâennuie jamais. »La mue dâune cour classique en Oasis passe par le changement du sol, Ă©clairci pour stocker moins de chaleur. Le projet compte aussi sur la fraĂźcheur vĂ©gĂ©tale, par lâombrage et lâĂ©vapotranspiration qui transfĂšre lâhumiditĂ© des plantes vers lâatmosphĂšre. Un travail est menĂ© sur la rĂ©cupĂ©ration des eaux de pluie utilisĂ©es pour des fontaines, des brumisateurs, des riviĂšres pĂ©dagogiques⊠Au dĂ©but, on sâappuyait surtout sur des solutions techniques, retrace RaphaĂ«lle Thiollier. Mais le sol restait plat et abrasif. » Un voyage dâĂ©tude en Belgique, Ă lâautomne 2019, a contribuĂ© Ă faire Ă©voluer le projet vers des cours plus vĂ©gĂ©tales, plus ludiques⊠On chemine », rĂ©sume la cheffe de cours Oasis parisiennes sont toutes diffĂ©rentes, car imaginĂ©es en collaboration avec les Ă©lĂšves et les adultes de chaque Ă©tablissement, puis adaptĂ©es aux rĂ©alitĂ©s techniques et budgĂ©taires. Les enfants, dont certains rĂȘvent de piscines et de murs dâescalade, sont parfois un brin déçus. Mais les derniĂšres nĂ©es font la part belle au jeu, et celle de lâĂ©cole Maryse-Hilsz accueille une imposante butte en terre agrĂ©mentĂ©e dâun pont en bois, dâune tour de guet et dâun large toboggan. En bas sâĂ©tale un bac Ă sable et, Ă quelques pas, des chemins qui serpentent vers un village de cabanes en osier.â ENQUĂTE. Ăducation physique ou sport, le dilemme de lâĂ©coleLa cour des grands nâest plus sĂ©parĂ©e de celle des petits par une grille, comme avant, mais par une petite riviĂšre ponctuĂ©e dâĂ©cluses. Sâils reconnaissent jouer avec lâeau » quand il fait chaud, les Ă©lĂšves sont surtout marquĂ©s par la dimension ludique de leur nouvelle cour. Avant, il nây avait rien. Maintenant, câest trop bien », rĂ©sume une fillette affairĂ©e dans le sable. On ne sâennuie jamais », complĂšte une brune qui Ă©mulsionne une soupe Ă la terre pour son restaurant ». Il faut dire que les Ă©lĂšves de lâĂ©cole Maryse-Hilsz bĂ©nĂ©ficient sans doute aujourdâhui du summum de la cour de rĂ©crĂ©, puisque celle du collĂšge dâĂ cĂŽtĂ©, dĂ©sertĂ©e, leur est temporairement accessible. Ici, câest mieux pour se cacher, et lĂ -bas pour jouer au basket », rĂ©sume la petite cuisiniĂšre. Comme quoi, concevoir la cour parfaite, câest un jeu dâenfant !Un coin de nature pour prendre le frais et sâamuser dans la cour de lâĂ©cole Maryse-Hilsz, Ă Paris. / AZILIZ Claquin Une cour plus apaisĂ©eAu cĆur de Saint-Jean-de-Luz, Ă quelques pas de la plage, le collĂšge Sainte-Marie abrite une cour Ă©troite derriĂšre de hauts murs. 430 Ă©lĂšves de 11 Ă 16 ans se croisent sur ce rectangle asphaltĂ©. Mais certains dâentre eux sont particuliĂšrement chargĂ©s de veiller sur les autres. Ils sont Ă©lĂšves mĂ©diateurs, missionnĂ©s pour repĂ©rer les conflits qui Ă©clatent souvent dans la cour, et aider Ă les rĂ©soudre.â REPORTAGE. La Grange-aux-Belles, un collĂšge vert tendreLâidĂ©e est venue de lâassociation de parents dâĂ©lĂšves. Elle a reçu un accueil positif. Des enseignants et des parents se sont formĂ©s Ă la mĂ©diation, puis ils ont formĂ© les Ă©lĂšves, selon la dĂ©marche de lâassociation MĂ©diacteurs, lancĂ©e en 1993 par les enseignantes Babeth Diaz et Brigitte collĂšge Sainte-Marie est allĂ© jusquâĂ intĂ©grer la mĂ©diation aux emplois du temps. Ă partir de la cinquiĂšme, tous les Ă©lĂšves de cet Ă©tablissement dĂ©couvrent le principe puis les techniques de la mĂ©diation entre pairs. Et en troisiĂšme, les volontaires peuvent devenir mĂ©diateurs. On a plus de candidats que de conflits Ă rĂ©gler, et câest tant mieux ! sourit Maider Landes, animatrice de la pastorale et responsable de la mĂ©diation. Mais la formation est enrichissante en elle-mĂȘme car le sujet, câest la vie ! », rĂ©sume-t-elle. La formation est enrichissante en elle-mĂȘme car le sujet, câest la vie ! »Maider Landes, animatrice de la pastorale et responsable de la mĂ©diation au collĂšge Sainte-MarieLe parcours, dâabord mĂȘlĂ© Ă la pastorale, aborde la connaissance de soi, la tolĂ©rance, le regard des autres, la diffĂ©rence entre faits et jugements⊠avant de dĂ©tailler les principes et techniques de la mĂ©diation entre pairs tels quâils sont dĂ©finis par lâassociation MĂ©diacteurs. CĂŽtĂ© principes, la mĂ©diation se fonde sur le volontariat, la confidentialitĂ©, le non-jugement, lâimpartialitĂ©. CĂŽtĂ© technique, elle se dĂ©roule entre Ă©lĂšves, sans adultes, et les mĂ©diĂ©s en conflit exposent chacun leurs ressentis, besoins et propositions de solutions, quand les mĂ©diateurs favorisent une rencontre et un dialogue apaisĂ©s. Facile ? Pas forcĂ©ment !â TĂMOIGNAGES. Je subissais le harcĂšlement scolaire ; la bibliothĂšque, câĂ©tait un endroit oĂč jâĂ©tais en sĂ©curitĂ© »Les Ă©lĂšves ont beau pratiquer rĂ©guliĂšrement des mises en situation Ă partir de conflits imaginĂ©s par Maider, la pratique se rĂ©vĂšle parfois complexe. Ana, minois dâoiseau et bagues Ă tous les doigts, se souvient de sa derniĂšre expĂ©rience de mĂ©diatrice, en binĂŽme avec Gabrielle Deux filles nous ont sollicitĂ©es parce que lâune avait tenu des propos racistes. Elles sont venues chacune accompagnĂ©e de sa bande de copines. On a galĂ©rĂ© ! Il a fallu une heure de discussion pour quâarrivent des excuses⊠qui ont Ă©tĂ© refusĂ©es. » Gabrielle complĂšte En plus, les parents sâen sont mĂȘlĂ©s ! Comme on ne sâen sortait pas, on a fait appel au directeur. Mais le plus souvent, les conflits se rĂšglent entre nous, et en une demi-heure. » La mĂ©diation se dĂ©roule entre jeunes, mais des adultes rĂ©fĂ©rents restent disponibles pour les conseiller et les relayer. Et les mĂ©diateurs nâinterviennent pas dans les sujets lourds, comme le harcĂšlement, le racket, les scarifications⊠Ils savent que, dans ces situations, il faut faire directement appel aux adultes », signale encore Maider Landes. Je veux aider comme on mâa aidĂ©. »Matis, mĂ©diateur au collĂšge Sainte-MarieLâĆil des mĂ©diateurs reste prĂ©cieux pour repĂ©rer, ne serait-ce que dans un premier temps, des malaises qui Ă©chappent souvent au regard des encadrants, notamment au collĂšge. En binĂŽme et en rotation sur la semaine, les mĂ©diateurs ouvrent grand leurs yeux et oreilles, et arpentent la cour en veillant aux recoins propices aux rĂšglements de comptes ou Ă lâisolement â les toilettes, les escaliers, derriĂšre lâascenseur » ⊠â On ne force rien, prĂ©cise SalomĂ©. Mais on propose. » Il faut savoir accepter de lâaide pour avancer », estime Matis, qui a eu recours Ă la mĂ©diation aprĂšs une bagarre en classe de quatriĂšme. Les mĂ©diateurs ont fait du bon boulot. Câest ce qui mâa motivĂ© pour devenir mĂ©diateur cette annĂ©e. Je veux aider comme on mâa aidĂ©. » â ENTRETIEN. Conseiller Ă son enfant de ne pas rester seul »Les embrouilles ne manquent pas dans la cour de rĂ©crĂ© rumeurs, critiques, jalousies, histoires de cĆur, ou simplement un regard de travers. Parfois, on nous demande une mĂ©diation pour presque rien, juste un malentendu », sâĂ©tonne Jade. La rencontre nâa pas lâeffet magique dâun philtre dâamour. AprĂšs une mĂ©diation pour des conflits rĂ©currents avec une autre Ă©lĂšve, une grande rousse constate quâelles se disputent encore parfois, mais avec plus de respect ». Clara, embourbĂ©e dans une rivalitĂ© avec une autre fille, pĂšse lâimpact de la mĂ©diation entre elles Elle ne mâaime toujours pas, mais bon⊠Au moins, elle ne mâembĂȘte plus. » La solution est parfois de prendre un peu de distance dans la relation », glisse rĂŽle de mĂ©diateur transforme ceux qui lâendossent. Jâai hĂ©sitĂ© Ă le devenir, avoue Matis, parce quâalors je ne pouvais plus me battre. » Finalement, il a optĂ© pour la mĂ©diation. Ce sont les Ă©lĂšves eux-mĂȘmes qui se donnent ce devoir dâexemplaritĂ©, question de crĂ©dibilitĂ©. Depuis que je suis mĂ©diatrice, je me dis que je ne peux plus me fĂącher pour des broutilles alors que je sais les rĂ©soudre », estime SalomĂ©. Ana, elle, se sent plus mature » Quand je me retrouve dans des conflits, jâessaie de discuter, dâappliquer ce que jâai appris. » La formation Ă la mĂ©diation ne fait pas partie des programmes scolaires. Dommage, car on voit Ă quel point, selon les mots de Maider Landes, elle sera utile aux Ă©lĂšves toute leur vie »⊠tant quâil y aura des conflits !